A propos du baptême

J’aimerais parler aujourd’hui d’un sujet particulier. Je n’avais pas du tout prévu d’en parler ici, mais je vois des personnes confuses autour de moi sur des questions qui embrouillent plus qu’elles ne font avancer. Ce qui me pousse à en parler pour donner mon témoignage (encore) et faire réfléchir et avancer ceux qui recevront favorablement ces quelques mots. J’aimerais parler aujourd’hui du baptême. C’est un sujet qui est malheureusement souvent source de division entre de nombreux chrétiens. Pourtant, c’est un sujet tellement libérateur si on l’aborde avec honnêteté, non pas dans l’optique de savoir absolument qui a raison ou pas, mais en vue de comprendre ce que Dieu a prévu sur sa propre vie à ce sujet. L’idée de cet article n’est pas de débattre sur quand, qui, où et comment se faire baptiser. J’aimerais seulement témoigner de comment ma perception du baptême a fait évoluer ma relation avec le Seigneur.
 

Sauvé par la foi

D’abord, je crois que nous sommes tous d’accord pour dire que le baptême ne sauve pas. Nous sommes sauvés par la grâce de Dieu, et ce n’est pas par nos œuvres quelles qu’elles soient, c’est notre foi en cette grâce qui fait de nous les enfants de Dieu. Alors, si le baptême ne sauve pas, à quoi bon sert-il ? Je ne vais pas faire de « cours » sur le baptême; d’une part, je ne sais pas le faire, et d’autre part, les ressources ne manquent pas sur le sujet, que ce soit dans nos églises respectives ou même dans la littérature chrétienne ou sur le web. Encore une fois, je vais témoigner, non pas pour accuser ou justifier telle ou telle pratique (je sais, je me répète, mais c’est important), mais parce que les choix que j’ai faits à ce sujet ont réellement changé ma vision sur ma vie chrétienne.
 

Mon cas personnel

Pour vous situer un peu, je suis née dans une famille chrétienne. J’ai été baptisée enfant sur l’engagement de mes parents (qui, d’ailleurs, selon moi, ont très bien tenu leur engagement). J’ai « confirmé ce baptême » quand j’étais en âge de confesser ma foi. Plus tard,  j’ai eu cette conviction que le baptême avait une signification plus profonde que ce que je croyais jusqu’alors, ce qui m’a conduit à obéir à l’appel du baptême par immersion. Ce n’est pas une histoire de « suivre un mouvement » ou « faire comme les autres », c’est vraiment une conviction personnelle. Ce pas d’obéissance a ouvert mes yeux à des trésors de la Parole qui m’étaient encore cachés (et pourtant, je lisais déjà énormément la Bible, mais c’est comme si cela descendait de mon cerveau vers mon cœur). Ce pas d’obéissance m’a aussi amené à une plus grande authenticité dans ma relation avec le Seigneur : prendre la Parole telle qu’elle est et la laisser toucher mon cœur. Cela ne veut pas dire que je comprends tout, ou mieux que les autres, mais simplement qu’il y a un moment où la Parole dépasse le stade « intellectuel » pour impacter ta vie dans le visible. Non pas parce que tu aurais lu l’explication dans un commentaire biblique ou parce que tu aurais entendu un enseignement sur le sujet (mais rassurez-vous, Dieu parle aussi de cette façon), mais parce que ce que tu lis fais directement écho aux circonstances de ta vie. La Parole fait naître des choses dans le visible, et, de même, les choix que tu fais dans le visible ont un impact sur ta vie spirituelle (et cela, sans tomber dans la superstition). Cela a été mon cas personnel, ce qui ne signifie aucunement que ceux qui n’ont pas eu le même parcours n’aient pas été touchés par Dieu. Vraiment, que chacun s’examine soi-même, à la lumière de la Parole, et agisse par conviction (et non par rapport aux autres). 
 

La baptême dans la Bible

 
Lorsque je lis ma Bible, je constate que, de manière générale, le baptême suit la conversion. C’est comme un acte concret qui scelle ton engagement avec Dieu. C’est aussi le signe que Dieu a laissé pour témoigner de sa grâce particulière envers nous. Ainsi, c’est le signe public, visible, d’une alliance conclue entre Dieu et moi. Le baptême est le signe de la grâce que Dieu donne, oui, mais c’est aussi le signe que toi-même, tu acceptes cette grâce, comme le montrent les différentes pratiques du baptême dans les Actes. Il y a tout un tas de débats sur le fait de baser ou pas nos pratiques sur des textes narratifs (le livre des Actes, par exemple), ou encore des traductions qu’on aurait plus ou moins bien comprises avec le temps (est-ce que « baptiser » veut bien dire « immerger », et qu’est-ce ça change ?). Je pense que c’est bien de se poser ces questions et d’avoir creusé ces sujets. Mais je pense qu’il faut aussi savoir prendre la Parole dans sa simplicité, et accepter de ne pas toujours tout comprendre. Non pas qu’on agirait selon une émotion ou un « ressenti », mais qu’à un moment, ta foi te pousse à croire que Dieu agit parfois (souvent ?) d’une manière qui te dépasse complètement. 
 
Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Par le baptême en sa mort nous avons donc été ensevelis avec lui afin que, comme Christ est ressuscité par la gloire du Père, de même nous aussi nous menions une vie nouvelle. En effet, si nous avons été unis à lui par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable à la sienne. Nous savons que notre vieil homme a été crucifié avec lui afin que le corps du péché soit réduit à l’impuissance et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. En effet, celui qui est mort est libéré du péché.
Romains 6:3‭-‬7 
Honnêtement, on peut débattre des heures (et bien plus) sur les modalités d’un baptême, mais comment ne pas être interpelé par ce symbolisme de mourir en Christ (en étant ensevelis et immergés dans les eaux du baptême) et de renaître (sortir des eaux du baptême) : c’est tellement significatif sur notre nouvelle identité d’enfant de Dieu ! C’est un magnifique image de naissance, de nouvelle naissance ! Certains diront que « c’est symbolique, alors a-t-on besoin de tout cela ? » Alors, sans vouloir choquer, est-ce que vous prenez la Cène avec des chips et du coca ? Je ne pense pas que Dieu nous en voudrait sur la façon dont nous communions les uns avec les autres (tant que nous communions), mais quand même, Il nous a laissés ces symboles forts qui sont le pain et le vin pour nous rappeler son sacrifice sur la Croix. Pour être plus terre à terre, si vous devenez propriétaire d’un terrain dans certaines contrées lointaines, on se contentera d’une poignée de main pour acter l’acquisition. En France, vous avez plutôt intérêt à passer chez un notaire et en sortir avec votre acte de propriété signé et approuvé… Pourtant, ce n’est qu’un bout de papier. Pourtant ce n’est qu’une poignée de main. Ce ne sont que 2 symboles, qui acte une même réalité. Lequel sera valable ou pas ? La validité dépendra du lieu où vous serez, après examen des différentes démarches qui auront été accomplies et de la situation actuelle.
 

Le baptême dans ma vie

 
Quand je regarde à mon baptême, je me souviens que j’ai fait le choix de suivre Jésus et je me souviens que, par la foi, je suis devenue enfant de Dieu. Quand je pense à mon baptême, je suis consciente que je suis une nouvelle créature. C’est comme si tu regardes ton époux, et tu sais que tu es bien marié avec cette homme-là. Peut-être parce que tu t’en souviens tendrement dans ton cœur, et ça te suffit. Ou peut-être que tu regardes ta bague au doigt ou la photo qui orne ton salon. Mais ce qui officialise que vous êtes bien mariés, c’est votre acte de mariage. Si tu as des papiers administratifs à faire, tu ne vas pas montrer à l’agent ton statut Facebook « situation familiale » pour prouver que tu es marié (même si pour beaucoup de personnes, cela suffit pour savoir que tu es « officiellement » marié). Si tu as malheureusement perdu ton acte de mariage, cela ne signifie pas que tu n’es plus marié, mais ce sera plus compliqué de le justifier. Bref, la comparaison a ses limites, mais je vous laisse méditer sur le sujet. Quand je regarde à mon baptême, je me souviens de mon identité. Mon baptême ne m’a pas sauvée. Il n’a même pas suivi directement ma conversion. Mais les doutes que j’aurais pu avoir sur ma foi, mon salut, ma condition devant Dieu, se sont dissipés, ce qui m’a permis d’avancer encore davantage dans ma marche avec le Seigneur.
 
C’était une figure: nous aussi maintenant, nous sommes sauvés par un baptême qui ne consiste pas dans la purification d’une impureté physique, mais dans l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu. Il nous sauve à travers la résurrection de Jésus-Christ qui est monté au ciel, a reçu la soumission des anges, des autorités et des puissances et se trouve à la droite de Dieu.
1 Pierre 3:21‭-‬22
 

Baptistes VS Pédobaptismes

 
Avant de conclure, j’aimerais préciser à mes amis pédobaptistes que ces personnes qui se font (re)baptiser, ce n’est pas juste un phénomène de mode (d’ailleurs, le phénomène est loin d’être nouveau, il n’y a qu’à regarder l’histoire de l’église). Ce n’est pas non plus une façon d’entrer dans une église où les chants sont plus dynamiques, qui diffuse la prédication du pasteur (en jean, bien sûr) sur Internet … Pour ceux dont j’ai eu le privilège d’entendre le témoignage, ce baptême est le résultat d’un cheminement, d’une vraie démarche spirituelle. Dans mon cas, je ne renie pas tout ce que j’ai appris avant, je suis bien consciente que Dieu a travaillé mon cœur bien avant ce déclic. Après mon baptême par immersion, je suis même restée encore plusieurs années dans « mon église d’origine ». Parce que là se trouvent ceux que je considère encore aujourd’hui comme mes frères et sœurs, et qu’en tant que membres du corps de Christ, nous sommes là pour nous édifier les uns les autres. Je suis persuadée que Dieu me voulait vraiment là. Par ailleurs, je n’ai pas senti le besoin de crier sur les toits « Regardez, je suis baptisée par immersion (et, sous-entendu, pas vous) », même si la plupart connaissait ma position sur le baptême. Ne nous trompons pas de combat. Le cœur de l’Évangile est avant tout la réconciliation de Dieu avec les hommes par le don de Jésus-Christ. Le sujet qui me semble essentiel, au-delà du baptême, c’est justement cette nouvelle identité que nous avons en Jésus. 
À mes amis baptistes, j’aimerais également dire que le pédobaptême n’est pas qu’une histoire de « bébés qui ne confessent pas leur foi » ou, sans vouloir choquer, d’une tradition douteuse qui se serait perpétuée. En survolant la théologie des alliances, j’ai compris qu’il y avait des raisons plus profondes à ces choix. Cela n’a pas changé mes convictions, mais cela m’a rappelé le rôle de Dieu dans cette nouvelle alliance, et cette grâce qui ne vient pas de nous mais qui nous est donnée. Cela m’a également interpelé sur la place de nos enfants dans l’Eglise (et vous savez que c’est un sujet qui me tient grandement à cœur). Enfin, cela m’a rappelé que Dieu fait parfois des choses que nos raisonnements humains ne peuvent pas expliquer et qu’il faut simplement les accepter par la foi.
C’est parfois regrettable la façon dont ce réveil peut être vu. Ça fait un peu guerre des gangs : on est offusqué, on est complexé (d’infériorité, de supériorité), on juge, on s’envoie poliment des critiques en mode « débat » , … À côté de cela, en oublie-t-on peut-être d’avancer avec Dieu dans la réalité de nos vies… Je pense que c’est bien d’en parler (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai écrit cet article), c’est une façon de témoigner et je sais que Dieu touche des cœurs aussi de cette façon. Après, il y a un temps pour parler, et un temps pour se taire. Et le temps où on voit Dieu agir au-delà de ce qu’on pouvait imaginer.
 

Conclusion

 
Pour finir, s’il est vrai que le baptême suit la conversion, encore faut-il savoir si on est converti. Et là, par contre, c’est une vraie question… qui fera peut-être l’objet d’un prochain article !
 
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