Ces plans de lecture bibliques insipides

calendrierPendant plusieurs années, j’ai eu beaucoup de mal avec les plans de lecture. En fait, non seulement les plans de lecture, mais tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à une «explication» d’un passage de la Bible : sermon, sites chrétiens, … Pour moi, tout cela n’avait plus aucun goût, non pas que je m’étais éloignée de Dieu, bien au contraire, j’ai eu la grâce (je l’ai toujours) de lire directement ma Bible pour comprendre ce que cela impliquait concrètement dans ma vie (merci le Saint-Esprit). Je trouvais toutes ces recensions rébarbatives et inutiles, nous incitant à manger de la purée, la purée d’autres chrétiens dont je ne nie bien sûr pas qu’ils aient pu vraiment être touchés par ce qu’ils partageaient. Voilà, donc, pendant plusieurs années, j’étais là, moi, ma Bible, mes notes et ma vie. J’étais bien…

Aujourd’hui, c’est encore de loin ce que je préfère (lire ma Bible «en toute liberté»). Je suis consciente que cela ne s’est pas fait en un instant, mais que Dieu m’avait déjà formée dans ma jeunesse à une certaine discipline (la discipline qui précède la liberté ?), et ceci justement, en suivant des «plans de lecture». Mais était venu un temps où IL ME FALLAIT prendre du recul face aux écrits «humains» (même si certains étaient inspirés) et replonger au cœur de la Parole, le lait pur. Assez paradoxalement (mais finalement, c’était assez «normal» avec le recul), j’étais beaucoup plus sensible à la voix de Dieu sans ces petits guides, qu’en étant dirigée chaque jour sur la lecture «à faire». C’est une période qui m’a fait le plus grand bien. Certaines personnes peuvent se demander «on lit quoi quand personne ne nous dit ce qu’il faut lire» … Il n’y a parfois qu’à se taire, et attendre. Attendre ce que Dieu a à te dire sur ta situation actuelle. Creuser ce «bout de verset» qu’Il répète incessamment dans ta tête, dans ton cœur (… non, ce n’est pas qu’à la porte du voisin que Jésus frappe…). La quantité de ce que tu lis n’influence pas la qualité de ce que tu entends. Prier. Oui, prier, c’est écouter Dieu aussi. Me concernant, ce temps dans le désert avec Dieu a complètement renouvelé mes pensées. Mais comme toujours, avec notre Seigneur, il y a un temps pour tout.

Au début d’année, j’ai décidé de me remettre à suivre certains plans de lectures. J’avais déjà renoué avec divers partages chrétiens (livres, sites, podcasts, …) quand Dieu m’a rappelé que je ne suis pas «toute seule» mais qu’il y a tout Son corps qui grandit ensemble. L’Église. Mais cette année, je m’étais remise en particulier, à la lecture de ces fameux «plans». D’une part, cela me paraissait important car, dans mon cas, c’était un programme «commun» avec d’autres chrétiens (notre église locale qui a priori lisait donc la même chose), et avec qui je pourrais échanger par la suite. D’autre part, cela m’incitait à retourner dans certains sentiers de la Bible que j’avais un peu délaissés. Le retour à cette «lecture cadrée» ne s’est pas fait sans difficulté. Frustration de lire des choses qui n’ont rien à voir avec ce que je vivais sur le moment. Frustration de lire 1 verset de la Bible pour 50 lignes d’explications plus ou moins en relation avec le passage. Et puis, frustration parce que finalement, pas grand monde ne semblait méditer sur le passage alors qu’un de mes objectifs étaient d’échanger avec les autres chrétiens. J’étais parfois même effarée de me dire que certains lisaient leur «parole du jour» comme d’autres leur horoscope. Comme on avale vite fait un repas instantané avant de vaquer à nouveau à nos occupations. Comme une petite tape sur l’épaule pour te dire « Allez mon gars, bonne journée, et si jamais t’as le temps, pense à ce que tu as lu ce matin … sinon, à demain ! ». Ne nous méprenons pas, je crois que la Parole de Dieu est efficace et ne revient pas à Lui sans effet. Je crois aussi que Dieu parle de plusieurs manières, et ce, même au travers de ces fameux plans de lecture, je crois que Dieu peut parler particulièrement sur des situations à partir de la méditation d’autrui (sinon, je n’écrirai pas ce blog). Mais une relation, c’est bien plus que ça. Bien plus que 10 minutes (ou 30, ou 60 ou même plus…) échangées le matin, puis voilà. J’ai continué quelques semaines à suivre ce plan de lecture, et je me suis demandée si c’était vraiment cela que Dieu voulait pour moi. Pour moi, et par rapport à là où Il m’a placé. Il y avait un problème, alors que j’étais persuadée que cela pourrait m’aider à témoigner «là où je suis».

J’ai à nouveau appris l’importance de l’écoute. Écouter Dieu, oui. Écouter les autres aussi. Ce n’est pas une attitude de mépris qui fera grandir mon frère. «Mais tu n’as qu’à lire la Bible !», pour moi, c’est évident, pour d’autres, il faut encore être dirigés par différents «outils», comme je l’ai été plus jeune, et comme je le suis encore aujourd’hui, même si les «outils» sont différents. Cela me rappelle les réactions qu’avaient suscitées un article sur la valeur des femmes. Ce n’est pas toujours évident de se dire qu’on ne mange pas tous la même chose au même moment. À ce jour, je lis à nouveau certains plans de lecture. Certains m’ont réellement édifiée, même si je ne les ai pas lus au «rythme conventionnel». De la même façon que vous lisez ces quelques lignes et que j’espère qu’elles ne sont pas vides de sens pour certains, Dieu me fait aussi grandir au travers les partages de frères et sœurs. Je continue à croire que lire davantage de textes «à propos» de la Bible que la Bible elle-même est un frein à la croissance du chrétien. Mais je vois aussi dans tous ces écrits annexes la diversité d’une Église qui se construit, une façon de faire un bout de chemin ensemble, un des nombreux moyens que Dieu utilise aujourd’hui pour parler à nos cœurs.

 

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